Humanum

Liberté, inégalité, fraternité

MANIFESTE

I

Dans la vie.

Commencer par soi : prendre soin de soi, avoir une activité, gagner sa vie, sans viser la richesse matérielle mais des revenus suffisants pour soi et ses proches, la famille. Puis aider. Autour de soi, lorsqu'il y a urgence ou faiblesse, en argent ou en amour. Enfin, encourager les autres à être libres comme on se le souhaite pour soi-même. A petite ou grande échelle importe peu, rendre le monde meilleur, faire au mieux selon ses capacités. Ne pas ajouter la mort à la Mort, mais la vie à la Vie.

II

Le camping spirituel.

D'abord ce petit nécessaire de camping spirituel pour voyager léger. Des mots clairs, une pensée simple pouvant s'adresser à tous, simples ou intellectuels, croyants ou athées, riches ou pauvres. Il n'y a pas de conversion, chacun est libre d'adopter et de modifier à sa manière de voir les choses cette philosophie de vie élémentaire. Pour soi seul ou pour agir sur le monde, en respectant des principes de base.

1. Nous sommes issus de la causalité de l'Univers et libre à chacun de lui donner un nom, d'y voir un créateur ou rien de cela. Nous sommes contingents.

2. Nous sommes limités dans l'espace et le temps, la connaissance, l'action. Il importe d'être et de faire dans ces limites qui sont souvent plus grandes que nos capacités présentes nous le laissent penser.

3. Eros & Thanatos. Il y a la Vie et le Mort, le Bon et le Mauvais. La Création et la Destruction. Tel un cycle, une alternance, une complémentarité, mais un ensemble, l'Un ne va pas sans l'Autre. Ca c'est ni bien ni mal en soi, c'est ainsi.

4. Il est préférable d'être neutre en rapport à ces deux forces universelles. Je conviens que je suis au moment présent, vivant, et dans la vie. Avant et après la vie est une autre affaire qui n'est pas mon propos, puisque je ne puis que croire mais non pas savoir. Aussi j'opte pour la vie car étant dans la vie, et je dis : « Oui à la vie ».

Je ne dis pas non à la mort en ce qu'elle est achèvement et fin de « moi » ; la mort est dans la vie, qui la contient et lui donne naissance.

5. Il importe alors de « jouer le jeu » et d'être en accord, en créant plutôt qu'en détruisant, en ajoutant la vie à la Vie. En acceptant de manière égale la destruction, de soi dans la mort, à son terme. Ce cinquième point est une seconde naissance : un « non, pas tout de suite » à la Mort et à Thanatos, aux extrémités du relativisme - c'est-à-dire au nihilisme -, à l'absurde.

Le constat posé, quelle est ma liberté ?

6. D’apparence paradoxale, la Liberté est une affaire de limites, d'usage de l'énergie et des possibles. Elle n'est pas la licence de tout faire mais le fait d'être conscient de sa place dans le Monde tel qu'énoncé dans les points précédents. Limitée, contingente, et comme j'ai formulé le oui à la vie ainsi j'ai conscience de cette contingence et ces limites, les grandes forces de création et de destruction qui sont à l’œuvre à toutes les échelles de dimensions dans l'Univers. Ma liberté est d'être et d'agir dans cette durée, ce Monde alentours avec mon énergie, mes connaissances et mes capacités.

Mon acte primordial de liberté a été de dire oui et d'accepter ma « condition » comme celle de mes semblables. Ainsi je ne suis pas en guerre contre moi-même ou le Monde, les autres individus partageant ma condition, mais en paix. Je veux exercer mon libre arbitre, c'est-à-dire être, autant que possible, le plus souvent, en étendant ma liberté à l'intérieur des limites de ma condition. Je parle ici d'être libre le plus souvent, dans le plus d'occasions possible. Ca n'est ni une ascèse inaccessible, ni une course éperdue.

Nous arrivons au sujet d'exercer la liberté qu'on a choisie. Il s'agit de tendre toujours plus à penser et agir par soi-même. Apprendre, critiquer, réfléchir et devenir, toujours plus, seul responsable de ses états et actions. L'observation et la connaissance de soi dans le Monde. Le détachement de « soi », juger en se jugeant. Etre le premier à se juger en fonction du Droit et de la Morale qu'on se sera choisi ou constitué.

7. On aborde naturellement la pensée libérale née du Siècle des Lumières. Le mot dans la langue française est, depuis des décennies, rendu confus et mal compris dans de nombreux esprits, sa signification est chargée émotionnellement et la novlangue en a totalement dévoyé le sens. Je parle de la doctrine juridique et de son application philosophique du Droit de chaque individu à un ensemble de libertés. De disposer de son corps, de sa vie, ses opinions, croyances et religion. De sa liberté de circuler et d'agir. De sa vie privée, de sa liberté sexuelle, liberté d'avoir ou non des enfants. Liberté d'entreprendre et propriété privée.
Toutes ces libertés s'entendant dans la mesure où toujours elles respectent celles d'autrui.

La liberté est fondamentalement un droit naturel supérieur à tout autre droit, les Hommes étant égaux en droits et avant tout en droit à leur libertés. Chaque individu a les mêmes droits à la même liberté potentielle, a priori. Qu'il souhaite, choisisse d'être libre ou non, l'homme libre ne peut la lui retirer ou lui interdire - sauf à parler de restreindre une liberté qui ne serait que licence abusive. C'est le principe d'égalité en Droit des hommes ; tous les individus sont uniques et différents mais ils sont égaux en droits naturels avant tout.

III

Etre et agir libre pour une vie bonne.

L'on en revient à la petite introduction de ce guide pratique pour l'individu lambda bêta, le quidam comme moi qui aspire à son indépendance, l'harmonie en société, la liberté du plus grand nombre, en un mot, une vie bonne. Comment se comporter en société, dans le groupe et avec les autres individus de manière générale ? En commençant par soi-même, par la maîtrise de soi et de sa vie en exerçant notre liberté sans nuire à celle des autres - et réciproquement. Dans le respect de l'opposition et des différences, les désaccords ou les incompatibilités se régleront par la discussion, le dialogue constructif, ou bien l'éloignement et l'évitement. Le temps faisant partie des limites, celui à gaspiller nous est compté.

Quelle action ? L'influence qu'on peut tenter d'avoir sur autrui est de l'engager à être et agir en individu libre, quand bien même fut-il un opposant ou un ennemi. L'action pacifique doit être privilégiée tant qu'il ne s'agit pas réellement de se défendre, on préférera donc, dans la mesure du possible et des répétitions, l'éloignement et l'évitement. Il n'y a personne à convertir de même que l'on ne doit rien à personne sans l'avoir choisi ou accepté. Chacun est libre de sa vie quand bien même aurait-il souscrit à son asservissement. Ce petit nécessaire de camping spirituel n'est pas un manuel de missionnaire car il n'y a personne à con-vaincre, mais seulement des individus qui veulent, ou non, vivre en hommes et femmes libres.

C'est tout au plus un texte pratique, personnel, que je publie. Respectant la liberté de l'autre comme son asservissement volontaire - même s'il le déplore -, l'individu libre pourra agir à être exemplaire, dans une influence honnête et non violente.

11 janvier 2019